Extrait du "Compte de Noël"

Dans les locaux de Monsieur Noël, les secrétaires constatent qu'aucune commande venue de France n'est encore arrivée...

1ère secrétaire : C’est curieux ! C’est pourtant pour bientôt, dans cinq jours exactement.
Le directeur (un lutin directeur) entre en scène. Il téléphone.
Le directeur : agacé : … Oui Monsieur… oui. Mais je vous répète que nous ne produisons pas ce genre d’objet… non… Ecoutez… Nous n’avons jamais eu de vrais tanks, ni de vrais fusils, ni de vraies bombes… Non, nos tanks ne font pas boum boum. Il font juste pchsit pchsit, et encore quand les piles sont neuves…
Il bouche le micro de sa main et s’adresse aux secrétaires : Préparez-moi la liste européenne. Il nous la faut tout de suite… Il reprend sa conversation téléphonique : Non, monsieur, nos fusils ne font pas ce bruit-là… Ils font paf paf… Oui... paf paf c’est ça…Non, vous ne pouvez tuer personne avec ces fusils-là… Ils se font des signes avec les secrétaires… C’est ça, adressez-vous à quelqu’un d’autre. C’est ce que je vous dis depuis le début. Au revoir Monsieur. Il raccroche.
Ouf ! Incroyable ! Comme si le Père Noël allait leur apporter des armes dans leurs petits souliers… Ils rêvent !
3ème secrétaire : Monsieur le directeur, nous avons un problème avec l’Europe.
Le directeur : Quoi donc ?
2ème secrétaire : Nous n’avons pas encore reçu le courrier du pays France.
Le directeur : A cette heure ?
3ème secrétaire : Oui, il semblerait qu’il y a un dysfonctionnement quelque part.
Le directeur : Là, tout de même, il est temps de classer…
2ème secrétaire : Oui, et à ce sujet, je voudrais vous dire un mot… heu… à propos de l’informatisation du bureau…
Le directeur reprenant le téléphone : Allo ? … Non, Monsieur, je vous ai déjà dit que nos jouets sont inoffensifs… Oui… Non, les sabres et les épées sont en plastique… désolé… Non, nous n’avons pas de missiles à tête chercheuse… ni de mines anti-personnel… C’est ça, au revoir Monsieur. Il raccroche..
2ème secrétaire : Je disais à propos de l’informatisation du bureau…
Le directeur semblant de ne pas écouter : Nous sommes déjà à J moins 6…
1ère secrétaire : J moins 5 exactement.
Le directeur : Raison de plus. Envoyez un courrier à notre correspondant à Paris.
Il reprend son téléphone qui vient de sonner. Allo ?… Des pistolets… oui… non…Les pistolets dont vous me parlez, Monsieur, lancent de l’eau, ce sont des pistolets à eau… Non, ça n’a pas suffisamment d’eau pour noyer vos ennemis… Voilà, monsieur. Au revoir ! Il raccroche. Décidément, c’est une ronce ce gars-là !
Grum entre. C’est un drôle de lutin, un lutin à tout faire.
Grum : Bonjour tout le monde. Voici le courrier du pays France.
Tous : Bonjour, Grum !
3ème secrétaire : Ah ! Enfin ! Il était temps. Pose-le là.
Grum : C’est curieux : quand je prends le sac, qu’est-ce que je m’aperçois-je ? Qu’il est léger comme une plume. C’est bizarre, non ? Bon, à plus tard. Bon courage !
Tous : Salut ! Ciao !
3ème secrétaire qui vient d’ouvrir le sac : Ça alors ! Il n’y a qu’une seule lettre. Elle l’ouvre.
Les autres : Une seule lettre !
3ème secrétaire lisant : Cher Père Noël.
J’espère que tu ne nous en voudras pas trop après avoir lu cette lettre. En effet, cette année, nous avons décidé de ne rien te commander. Car nous avons appris qu’il y avait de par le monde bien trop d’enfants malheureux qui, en plus d’être malheureux, n’auront rien à Noël. Nous avons donc décidé que tant que durera cette injustice nous ferons la grève des commandes de jouets.
Nous avons alerté par courrier électronique d’autres écoles et nous pensons que cette grève sera suivie par beaucoup d’entre nous.
Nous exigeons donc que tu fasses quelque chose pour remédier à cette situation afin que tous les enfants du monde aient droit au moins à ce petit bonheur annuel.
Nous t’embrassons et attendons ta réponse avec impatience.
Les élèves de l’école […] à […].
2ème secrétaire : Par courrier électronique! Vous vous rendez compte ! Ils ont réussi à mobiliser toutes les écoles de France ! Grâce à l’informatique…
Le directeur : C’est la catastrophe !
1ère secrétaire : Ben ! On aura moins de travail…
Le directeur : C’est la catastrophe !
1ère secrétaire : Pour compter, au moins, ça ne sera pas difficile.
2ème secrétaire : Même sans le secours d’ordinateurs…
Le directeur : C’est la catastrophe !
3ème secrétaire à part aux deux autres : Et de trois !
1ère secrétaire : Monsieur le Directeur, nous aurons plus vite fini, c’est tout. Si ces enfants ne veulent pas de jouets, ils n’en auront pas, voilà tout.
Le directeur : Mais vous ne comprenez donc pas ? Toutes ces commandes en moins, c’est autant de jouets que nos usines ne fabriqueront pas.
Les autres : Ben oui…
Le directeur : C’est autant d’heures de travail qui ne seront pas réalisées.
Les autres : Oui.
Le directeur : C’est autant d’employés que nous devrons licencier. Ou alors, réduire le temps de travail et donc les salaires. Bref, il faut envisager une restructuration de l’entreprise.
Les autres : Ah !
Le directeur : Donc des ouvriers au chômage… et peut-être même au niveau des secrétaires…
Les autres : Oh !
3ème secrétaire : C’est la catastrophe !
Le directeur : Je ne vous le fais pas dire. Nous sommes pris en otages.
Les secrétaires : Nous sommes pris en otages.
Grum qui arrive en trombe : Qu’est-ce que j’entends-je ? Il va y avoir des licenciements ?
Le directeur : Tu es déjà au courant, toi ?
Grum : Ben oui, comme tout le monde ici. Les nouvelles vont très vite chez Monsieur Noël…
Les secrétaires discutent vivement et silencieusement dans un coin.
Le directeur : Il semblerait en effet que nous allons être obligés de procéder à une restructuration car il s’agit de réduire la production.
Grum : Mais qu’est-ce que je voulais-je dire ? Ah oui ! Les syndicats des lutins prolétaires demandent à être reçus.
Le directeur : Eh bien, dis-leur d’entrer.
Grum sort et les délégués des trois syndicats des lutins prolétaires entrent.

Chanson : Lutins de Père Noël

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